Stéphanie Delestre

Stéphanie Delestre : "La rage d’entreprendre"

Stéphanie Delestre, jury de la saison précédente de « QVEMA » mais également fondatrice de Volubile et auteur de « La rage d’entreprendre » nous fait entrer dans les coulisses de l’émission Qui Veut Etre Mon Associé dédiée à l’entrepreneuriat. L’occasion pour cette entrepreneure et investisseuse de nous expliquer les réalités du métier d’entrepreneur.
WEDNESDAY 12 MARCH 2025

Vous avez participé à la saison 4 de "Qui Veut Etre mon Associé ?". Qu'est-ce qui vous a motivée ?

L'une de mes amies, contactée par la production, leur a suggéré de me joindre, persuadée que j'étais la personne idéale pour être jurée dans l’émission. J'ai passé un entretien et j'ai tout de suite été séduite par leur proposition car l'émission démocratise l'entrepreneuriat et montre que c'est un chemin accessible à tous. J'adorais déjà "QVEMA", et c'était une évidence pour moi de m'y impliquer. L'entrepreneuriat est souvent présenté comme un monde élitiste, mais ce n'est pas d'où l'on vient qui compte, c'est le chemin parcouru. Aujourd'hui, toute la connaissance est disponible gratuitement sur Internet, et mon rôle est d'encourager ceux qui hésitent encore à se lancer. Cette expérience m'a apporté une énergie incroyable, aussi bien en tant qu'entrepreneure qu'investisseuse. J'y ai rencontré des personnalités inspirantes et j'ai adoré ces échanges intenses.

Quelles sont les raisons qui vous poussent à investir dans certains projets ?

Ce qui me convainc, c’est avant tout l’équipe. L’idée compte, bien sûr, mais ce qui fait la réussite d’une start-up, c’est l’énergie, la résilience et l’exécution des fondateurs. Je cherche des entrepreneurs qui ont une vraie capacité d’adaptation et qui savent se remettre en question. Ensuite, j’analyse le marché : y a-t-il une vraie opportunité, un besoin mal adressé ? Enfin, l’impact : j’aime les projets qui apportent une vraie valeur, qui changent les choses dans leur secteur.

Volubile, la start-up que vous avez lancé propose des agents vocaux IA qui gèrent les appels entrants et sortants aussi naturellement qu’un humain. Pourquoi cette idée maintenant  ?

D'abord, l'avènement de l'intelligence artificielle en 2022 a représenté pour moi une véritable révolution, comparable à celle d'Internet il y a vingt ans. Le fait de pouvoir générer du texte, des images ou des vidéos à partir d'innombrables sources de données change la donne pour toutes les professions. Ensuite, la vente et la relation client sont mes points forts. Réussir une start-up, c'est miser sur ses compétences naturelles. Enfin, je voulais apporter une solution à 100% des entreprises dans le monde : développer des agents conversationnels vocaux pour automatiser la prospection commerciale et la relation client. Avec Volubile, nous avons développé cette plateforme d'agents conversationnels capables d'interagir avec les clients comme de vrais humains.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Nous avons démarré fin 2023 avec Julien Ros mon cofondateur et CTO, nous sommes actuellement en plein déploiement commercial et nous déployons Volubile.ai à l’international en commençant par la Suisse dès ce mois-ci.

En plus d’avoir créé Volubile, vous publiez "La rage d’entreprendre". Quelle est la mission de ce livre ?

Mon objectif est d’encourager ceux qui hésitent encore à se lancer. Je veux montrer que l’entrepreneuriat n’est pas réservé à une élite, mais qu’il est accessible à tous, à condition d’avoir l’envie, la détermination et le goût de l’effort. À travers mon parcours, j’explique les réalités du métier d’entrepreneur : les réussites, mais aussi les échecs, les doutes et les sacrifices. La France a besoin de tous ses talents, et j’y défends la valeur du travail, du courage et de l’audace. Ce livre est une invitation à oser, à croire en soi et à ne pas se laisser freiner par la peur de l’échec.

Mon message est simple : peu importe d'où l'on vient, tout est possible. C’est un chemin exigeant, mais si l'on a cette "rage d’entreprendre", on peut aller très loin.

Dans ce livre, vous parlez aussi d'entourage, est-ce fondamental quand on entreprend ?

C’est indispensable. Réussir seul est un mythe : on a besoin de s’entourer de personnes complémentaires, qui apportent des compétences, du soutien et parfois juste un regard extérieur pour prendre du recul. J’ai appris à demander de l’aide et à bien m’entourer, car c’est souvent dans l’échange que naissent les meilleures décisions et les plus belles opportunités.

L’entrepreneuriat est-il une question de compétences ou de mentalité ?

Les deux ! On a tendance à penser qu'il faut un diplôme ou un talent particulier pour entreprendre. Bien sûr, être bon en maths peut ouvrir des portes, mais ceux qui n'ont pas ce bagage peuvent s'appuyer sur autre chose : une détermination sans faille. La rage d'entreprendre est une force qui pousse à surmonter les obstacles, à apprendre vite et à s'adapter.

Derrière chaque entrepreneur qui réussit, il y a une multitude d'échecs, de doutes et de défis. Vous me demandiez pourquoi ce livre ? Il montre aussi que ce n'est pas un conte de fées : c'est dur, mais c'est possible, lancer son entreprise c'est à la fois une épreuve et une aventure extraordinaire.

Avez-vous un conseil un peu plus personnel à ceux qui veulent « se lancer » ?

Foncez et arrêtez de trop écouter les avis des autres. Tout le monde aura un avis sur ce que vous faites, surtout ceux qui n'ont jamais entrepris. Ce qui compte, c’est d’essayer, d’apprendre vite et d’ajuster en route. L'entrepreneuriat, c’est comme sauter d’une falaise et construire son parachute en tombant : c’est intense, mais c’est ce qui rend l’aventure incroyable.

Et vous, quelle a été votre propre étincelle ?

Ce sont les rencontres qui m'ont donné l’élan pour sauter le pas. Tout au long de ma carrière, j’ai croisé des entrepreneurs passionnés, des leaders visionnaires et des esprits audacieux qui m’ont montré que l’on pouvait réellement avoir un impact sur le monde en créant quelque chose de nouveau. Ces échanges, ces parcours inspirants ont fini par me convaincre que moi aussi, je pouvais prendre ce risque. J’ai compris que si l’on veut vraiment changer le monde, il faut arrêter d’attendre que quelqu’un d’autre le fasse et se lancer soi-même. Cette décision a tout changé pour moi, et je n’ai jamais regardé en arrière.

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